Michel ou Jean ? : il n'a jamais été identifié avec
précision ! probablement sorti de l'entourage de La Garde, il est
aussi "valet de chambre du Roi": ce n'est donc pas n'importe qui
! peut-être portait-il un autre nom ? Fin 1547, il est envoyé
demander au Sultan de ne pas faire la paix avec l'Espagnol et retourne à
Constantinople, l'année suivante. En 1553, il est dans la flotte
de La Garde qui attaque l'Espagnol en Corse avec l'Ottoman.
Nommé pour remplacer d'Aramon en octobre 1553, il n'arrive à
Constantinople qu'en mars 1554 pour partir tout de suite à la recherche
du sultan qui guerroie en Asie Mineure ! Entre Asie Mineure et Balkans,
il a l'air d'avoir vraiment la bougeotte : en juillet 1555, il monte même
sur une galère turque et se retrouve en août en train d'attaquer
Bastia ! Toutes ces aventures lui montent-elle à la tête ?
En tout cas , une lutte féroce l'oppose à Jean-Jacques de
Cambrai en poste à l'ambassade. Cambrai arrive à le faire
emprisonné par les Turcs à Yedikule et affirme qu'il veut
coiffer le Turban, car il a scandaleusement épousé à
Pera, la fille - peut-être musulmane - de Marino Grimani, desposte
de l'île de Sifanto. En portant de telles accusations, Cambrai se
laisse-t-il dépasser par sa rancoeur professionnelle : depuis 1545,
il n'a assuré que des interim sans jamais être officiellement
nommé ambassadeur !
Ca fait un peu désordre : Cambrai est rappelé, Codignac destitué
et remplacé par La Vigne en 1557, qui au début fait preuve
de mansuétude envers son prédécesseur "pauvre
homme, affolé par le manque d'argent"... et le laisse attendre
à Andrinople les fonds nécessaires à son retour. Mais
ça ne dure pas : La Vigne ne décolère pas du mal infini
qu'il a eu à se débarasser de lui et des "5-6 mauvais
garçons"qui devaient constituer son équipe. Effectivement,
il a piteusement essayé de s'emparer de l'île de son beau-père
! menacé d'étranglement, il ne lui reste plus qu'à
se cacher dans Péra. Sa réputation de "petit monstre"
est définitive, entre autres, après le passage d'Hurault de
Boistaillé à Constantinople. En 1558, rentrant avec la Vigne...
vers Venise et voyant que ça sent le roussi pour lui, il préfère
tisser des relations en Italie pour finalement proposer ses services au....
roi d'Espagne
En poste entre 1557 et 1558, ses courriers dénoncent le plus détestable
caractère qu'il y ait jamais eu dans la diplomatie ? il couvre de
récriminations tous ses collègues : avec raison son prédécesseur
- Codignac - mais aussi Germigny - qui sera ambassadeur en 1579 - et qui
déjà a la hardiesse de comploter contre lui en rencontrant
directement le "bassa"5 ou 5 fois; ce Germigny, dit-il, il faut
le mettre en galère et le faire pendre et étrangler pour exemple
à la Cour...
Coléreux et... âpre au gain, ce la Vigne! car selon Brantome,
"pauvre diable", quand il part en poste, il en retourna "
riche de plus de soixante mill' écus, qui est beaucoup de ce temps là, comm'
aujourd'huy cent mille et des plus beaux meubles et des plus exquis qu'on
eust sceu voir" ; même si le pauvre... n'en profita pas beaucoup
puisque, de retour vers la France, il meurt en chemin, à Raguse en
1559 !
Jean
de la Vigne (?-1559)