Après
La Vigne : Petremol, les Noailles, Grand-Ry, Germigny, les Savary...
Maître
d'hôtel du Duc d'Alençon, greffier civil et criminel du baillage
de Troyes, il est envoyé lors de l'ambassade de Jean Dolu dont il
assure l'intérim lorsque celui-ci meurt de la peste en juillet
1561. Dans une lettre du 15 novembre 1564, il demande au roi son "congé
et licence de Vostre Majesté, pour en quelque autre endroict m'employer
en son service" et de choisir "un homme digne et suffisant pour
vous y venir faire service" et "maintenir ou plustost rafermir
ceste amitié [entre la France et la Porte] qui semble pour peu de
chose aller en décadence". Il a beau dire qu'il n'est "pas
las" de servir, on sent bien "qu'après avoir demeuré
icy quatre ans", il en a assez !
Antoine
de Petremol, seigneur de la Norroye (?- 1604)
Chambellan
du Duc d'Alençon et huguenot. Envoyé en 1569 ou dès
1566 ? pour succéder à Pétremol de la Norroye. Il est
révoqué en 1571. Il semble avoir eu de grosses difficultés
à supporter les liens du mariage: ont-elles été accentuées
par l'observation et peut-être même l'expérience qu'il
put faire de la plus grande souplesse que permet le harem ottoman ? Déjà
en 1560, pour son mariage, il n'arrive pas imposer à sa belle-famille
un mariage à la huguenote... toujours est-il que le le prêtre
catholique qui célèbre l'union est mystérieusement
poignardé quelques jours après ! Après son retour de
Constantinople, il abandonne son épouse et ses enfants maniant avec
elle chaud et froid puisqu'il la menaçe de mort tout en pourvoyant
à ses besoins, pour épouser une jeune fille, probablement
une nièce de sa femme ! Quel démon l'a pris ? Bon ! sur son
lit de mort, il reconnaît la validité du premier mariage et
présente ses regrets...
Guillaume
de Grand-Ry (Grantrye) , sieur de Grandchamp (? -1587)
Gilles
de Noailles (1524-1587)
Nommé
en janvier 1574 par Charles IX, il succède à son frère,
François de Noailles, qui comme lui était évêque
de Dax : des affaires de famille en somme !
un
article passionnant sur cette lettre... royale, par T. Sarmant et H. Marsat
Gilles
de Noailles (1524-1587)
Nommé en janvier 1574 par Charles IX, il succède à son
frère, François de Noailles, qui comme lui était évêque
de Dax : des affaires de famille en somme ! Henri III envoie le 27 avril 1575,
une lettre "à son très cher et parfait ami" Mourad
III pour lui présenter ses condoléances - Selim II a définitivement
cessé de boire ! et lui-même succède à Henri II
et en profite pour renouveler les lettres de créance de Gilles de Noailles
Henri
III envoie le 27 avril 1575, une lettre pour présenter ses condoléances
"à son très cher et parfait ami" Mourad III dont
le père Selim II, a définitivement cessé de boire !
et que lui-même succède à Henri II ; il en profite pour
renouveler les lettres de créance de Gilles de Noailles
A
lire dans "La Revue des questions Historiques" de janvier 1883
"Mêlé
aux affaires d'Orient" dès 1558, il est ambassadeur de 1579
à 1584, avec la lourde tache de succéder aux prestigieuses
ambassades des "frères Noailles". En démérite-t-il
pour autant ? J. de Hammer note que grâce à lui, Amurat III
reste fidèle aux idées de tolérance religieuse que
le France fait prévaloir à la Grande Porte depuis François
1er... puisqu'il renonce à transformer en mosquée quelques
églises de Constantinople. Toujours est-il qu'Henri III, pas très
satisfait, décide de le rappeler ; ce qu'en fait ne demande pas mieux,
l'intéressé !
Jacques
de Germigny, baron de Germoles (...-1586)
Entre
1585 & 1592, après Germigny, un ambassadeur sur qui pèse
des soupçons de "trahison" de son roi et sa patrie ? Son
propre cousin - neveu ? - François Savary, sieur de Brèves,
qui était venu avec lui, avant de lui succéder, le fait emprisonner
à Yedikule puis renvoyer en France où il meurt empoisonné
?
Il a écrit un livre sur le traité de "Chasteau-Cambresis"
accompagné de "l'instruction et ambassade du sieur de Lancosme
en Turquie, pour Henry III. Roy de France & de Pologne, en l'an M.D.LXXXV"
avec cette note : "Extraict dun livre contenant l'Histoire des Turcs,
dedans lequel le sieur de Lancosme avoit escrit de sa propre main ce qui
suit : Jacques Savary, Seigneur de Lancosme, qui pour servir la Loy & Religion
Catholique, & fidellement la Couronne de France, de laquelle il a esté sept
ans Ambassadeur en Levant, est tombé au pouvoir des ennemis publics, & a
supporté toutes sortes de peines & indignitez. Fait ce dernier Decembre
1592. Signé: Savary".
Jacques
Savary de Lancosme (?-1591
Nommé
en 1591 pour remplacer son cousin.Visiblement, une tout autre pointure !
Ancien ligueur - donc catholique - d'une grande énergie, il essaye
de contrer l'influence de l'Angleterre - en violation des capitulations
obtenues par la France, ele a maintenant un ambassadeur à Constantinople
- et redonner la place que la France occupait près du Grand Turc,
sous les premiers Valois ! Il y met tant d'ardeur qu'il se met à
mal les Pachas du Sérail et qu'Henri IV doit le calmer -ce dernier
pressent bien que la France n'a pas les moyens d'une politique aussi orgueilleuse
- et lui enjoint même en mai 1599, l'ordre de rentrer : "...je
veux que vous preniés congé de ce Seigneur, et que vous me
veniés trouver incontinent la présente receue, sans toutefois
rompre avec luy, ny avec aucuns de ses ministres."
Mais Savary de Brèves a du bien se défendre et les choses
aussi, se calmer puisque finalement Henri IV lui écrit en novembre
:" J'aime mieux que demeuriés encore à me servir par
delà" et en mettant bien les points sur les " i",
en mars 1600 : "Contentés vous seulement de vous accommoder
et obéir à mes commandemens, lesquels je change selon les
temps et les occasions, [...] pour le bien de mes affaires, desquelles je
juge mieux de la conséquence, pour la cognoissance générale
que j'ay d'icelles, que vous ne pouvé faire où vous estes..."
Finalement ce n'est qu'en 1603 qu'il est remplacé !
François
Savary de Brèves (1560-1628)