"l'Enlèvement
au Sérail", Mozart (1756-1791)
Joué
pour la première fois en 1782, une "turquerie" magnifique
par un jeune Mozart de 26 ans - livret de J. Gottlieb Stéphanie le jeune.
Constance, Blonde, Belmonte et Pedrillo font naufrage sur les côtes
de Turquie. Face à eux, Osmin, terrible et cruel qui voulait :
" ...faire griller les chiens qui nous ont indignement trompés.
...d'abord décapités, puis pendus, puis empalés, sur un pieu brûlant, puis
brûlés, ensuite attachés et noyés; enfin écorchés."
Mais il y a aussi bassa Selim, magnanime, refusant la vengeance et donnant
ainsi une grande leçon de tolérance tant revendiquée
par l'Europe du XVIIIè, et dont Mozart prend un turc comme symbole
!

L'Avant-Scène OPERA n° 59
1721 : l'engouement des "Turqueries"
Les "Turqueries" : une affaire de famille ! En 1741, après
le père, le fils : nouvelle ambassade, cette fois-ci de Zaïd
efendi - le fils du précédent !
Un splendide portrait de Charles-Antoine Coypel grâce à www.arnet.com
!
Mais aussi - grâce à LOF Foundation : "Portrait d'un turc
au pastel" (appartenant à la famille de Nina). On nous explique "Le
sabre, le turban blanc (turc) font penser à un membre d’une garde .../...
plus sûrement celle du turc Saïd Effendi qui fut reçu en audience officielle
par Louis XV à Versailles le 7 janvier 1742"
A l'occasion de cette visite, le "Concerto
turc" de Michel Corrette (1707-1795) - son 15ème Concerto Comique,
intermèdes joués durant les entractes - est interprété
"pour la première fois à la Comédie (Italienne) en présence de son
excellence Zaïd Effendi, Ambassadeur du Grand Seigneur"
!
Evénement
extraordinaire : en 1721 pendant la Régence, ambassade officielle
de Yirmisekiz ("le 28" : après l'école des Pâges,
il servit dans la 28ème compagnie des Janissaires !) Çelebi
Mehmed efendi (1680 - 1732) envoyé par Ahmed III ! Ce n'est pas le
début des relations franco-ottomanes - loin s'en faut ! - mais son
retentissement fut très grand qui lance une intense mode pour les
"Turqueries".
A
lire absolument la relation de cette ambassade par Mehmed efendi lui-même
! : "Le Paradis des infidèles" et la passionnante introduction
de Gilbert Veinstein pour bien profiter de toute la saveur de ce récit
surprenant !
La
Découverte / poche, 2004, 253 pages
A
cette occasion l'abbé Bignon (1162 - 1743), Bibliothécaire
du roi prend contact avc Zaïd efendi - qui est dans la suite de l'ambassadeur
dont il est en fait le fils ! - pour avoir des exemplaires des ouvrages
qui sortiront de la première imprimerie qui vient d'être créée
à Constantinople !
La suite de cette surprenante rencontre avec le "DFMLD de Lille 3 !"
"Que
diable allait-il faire dans cette galère ?"... turque !
Dans
les "Fourberies de Scapin", quand il s'agit de soutirer 1 500
écus à Géronte le père borné et avare,
Molière fait inventer par le rusé valet, une histoire de rancon
et d'enlèvement et pour la rendre bien convaincante, il parle de...
galères turques... l'une des grandes frayeurs du voyageur européen
du XVVè en Méditerranée !
(acte II, scène VII)